top of page
Rechercher

Une chambre à soi dans L'Ecole des femmes

30 sept.
1 min de lecture

Dans cette mise en scène de l’Ecole des femmes par Frédérique Lazarini, le décor occupe une place centrale. Il se compose de deux espaces séparés par une bande d’herbe et quelques arbustes. D’un côté, on trouve la maison d’Arnolphe, composée d’un canapé et d’un écran de vidéosurveillance, de l’autre, celle d’Agnès, représentée par une chambre en verre. L’utilisation d’appareils électroniques, écrans et caméras, ajoute une dimension actuelle à la pièce, en faisant écho à l’influence des réseaux sociaux et à la surveillance constante qu'ils permettent. Ce choix met aussi en lumière la perversion d’Arnolphe et son désir d’emprise sur Agnès.

Cet aspect du personnage est aussi renforcé par la chambre aux murs transparents de la jeune fille. Cet espace, qui peut d’abord faire penser à un espace d’intimité, est en fait une prison. Dans Une chambre à soi, Virginia Woolf explique qu’une femme a besoin d’un espace à elle, qu’elle puisse "fermer à clé", afin de pouvoir penser et créer librement. Dans cette scénographie, c’est l’inverse qui est proposé : Agnès possède bien une chambre à elle, mais

elle ne peut pas réellement s’y isoler. La porte, qui pourrait symboliser l’intimité et la liberté, devient au contraire un obstacle, une frontière contrôlée par Arnolphe. Le décor joue donc sur un paradoxe : ce qui pourrait sembler un cocon est en réalité une prison transparente. La metteuse en scène nous offre ici une version à la fois originale et actualisée de la pièce, mais nous en livre aussi une version plus sombre et plus pessimiste que d'habitude.


Adélie P.



 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page