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Les costumes de L'Ecole des femmes

28 sept.
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 sept.

Dans une pièce de théâtre, les costumes nous permettent de connaître les intentions de mise en scène. Dans celle de Frédérique Lazarini, nous pouvons voir le rapport de force qu'exerce Arnolphe (Cédric Colas), avec son costume trois pièces, symbole de sa classe sociale et de sa domination, sur Agnès (Sara Monpetit), avec son chemisier rose, son bonnet de la même couleur et son écharpe à pompons, qui évoquent l'image d'une petite fille. Grâce à ce costume, on suit aussi l'évolution de son personnage : un chemisier d'une couleur rose pâle pour témoigner de sa jeunesse et de sa naïveté, puis un rose plus soutenu qui illustre la passion qu'elle ressent pour Horace (Hugo Givort). On peut voir aussi ce que ressent Horace à travers sa tenue : il porte d'abord un costume qui ressemble à celui d'Arnolphe, pour montrer à la fois son rang social et l'amitié qu'il porte à l'ami de son père. La seule chose qui varie dans son costume, ce sont ses converses blanches, qui montrent sa jeunesse et font de lui l'amoureux d'Agnès, puisqu'elle en porte des semblables, mais roses. Enfin, quand il est seul avec cette dernière, il porte une tenue qu'on pourrait qualifier de simple (jean, converses et haut blanc), qui montre la différence entre lui et Arnolphe, dont la domination est maintenue par son complet. D'après les costumes d'agents de sécurité d'Alain (Alain Cerrer) et de Georgette (Emmanuelle Galabru), qui sont "les hommes de main" d'Arnolphe, nous pouvons comprendre le statut d'Agnès chez celui-ci : celui d'une prisonnière. Pour terminer, le personnage d'Oronte (Alain Cerrer) apparaît sur scène en costume d'apparat du XVIIIe siècle. On peut y voir une référence à la tradition de la commedia dell'arte, mais aussi la figure d'autorité qu'il incarne pour son fils, et ainsi le sentiment d'intimidation que ce dernier ressent face à son père.


Juliette B.

photo © Marion Duhamel
photo © Marion Duhamel

 
 
 

4 commentaires

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Isodora
29 sept.
Noté 5 étoiles sur 5.

Bravo pour cette critique qui rend très bien la modernité et l'accessibilité de la mise en scène de Lazarini. On sent bien comment le rythme, le jeu très juste des comédiens et ce décor épuré qui laisse toute la place au texte de Molière, rendent la pièce à la fois drôle et terriblement actuelle. On a vraiment envie d'aller la voir après vous avoir lue.

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Louise
28 sept.
Noté 5 étoiles sur 5.

Une critique peu esthetisante mais juste.

Modifié
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Léa
28 sept.
Noté 5 étoiles sur 5.

Merci pour votre analyse très pertinente de la mise en scène de Lazarini. Votre lecture des costumes comme marqueurs du rapport de domination et de l'évolution d'Agnès est particulièrement juste et éclairante.

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Solid Spud Logan
28 sept.

Approche originale de la pièce révélant les subtilités des costumes, marqueur social mais aussi, support à l'intrigue

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