Arnolphe et Agnès dans L'Ecole des femmes
Cédric Colas campe un Arnolphe pervers, abject, brutal physiquement, froid et calculateur, comme en atteste le procédé panoptique qu’il met en œuvre pour surveiller Agnès. Il est entièrement emporté dans son désir de possession : nous n’arrivons jamais à entrevoir une once d’humanité chez lui. Ce choix ne suscite aucune pitié chez le spectateur : il laisse de côté le caractère misérable de cet homme déçu par l’amour des femmes et qui, pourtant, aimerait aimer et aime sans doute Agnès.…
Agnès, interprétée par Sara Montpetit, se transforme subtilement sous nos yeux, jusque dans sa voix. Nous la découvrons d’abord prisonnière, naïve et ingénue puis nous la quittons débarrassée d’Arnolphe. Cependant, est-elle vraiment libre et indépendante pour autant ? Pas évident. Son évolution ne fait que la conduire au mariage, qui implique encore une forme de soumission à l’autre. La libération d’Agnès n’est donc pas nécessairement synonyme d’indépendance.
Léonore H.





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