Agnès et Horace dans L'Ecole des femmes
Dernière mise à jour : 29 sept.
Dans cette première critique théâtrale du Pisse-Copie, nous allons parler de L’Ecole des femmes, mise en scène par Frédérique Lazarini et présentée à l'Artistic Théâtre. Dans ce texte, nous allons nous concentrer sur la relation qu’entretiennent Agnès et Horace. La pièce de Molière est essentiellement fondée sur l’emprise qu’Arnolphe a sur la jeune femme, qui représente le nœud et la morale de l’histoire, tandis que le rapport des deux jeunes amants est reléguée au second plan. Pourtant, leur relation, souvent décrite comme juvénile et sincère, est en fait une autre forme de soumission inconsciente d’Agnès.
Tout d’abord, dans cette mise en scène, Agnès s’émancipe d’Arnolphe mais pas de tous les hommes. A peine sortie de ce rapport malsain, elle y retombe, mais selon une forme différente : Horace éprouve, contrairement à Arnolphe, un amour sincère et passionné pour elle. Grâce à cette relation, Agnès réussit à se libérer de l'emprise dont elle prend finalement conscience, mais plonge inconsciemment dans une sujétion enjolivée par l’amour. Quel est le prix de cette liberté ? Sûrement celui d’être uniquement considérée comme une épouse et non pas comme un être à part entière. Il faut noter que dans la pièce, Agnès connaît uniquement l’amour masculin – et donc sexuel – en étant complètement isolée de toutes relations sociales : elle reste sous l’emprise de l’homme, quel que soit l’intention de ce dernier.
Le titre de la pièce devient paradoxal. En effet, l'école est censée nous permettre de nous émanciper et de nous conduire à l'autonomie. Dans cette pièce, ce n’est pas le cas d'Agnès, qui ne réussit pas à atteindre ce but : elle reste une poupée manipulée par les hommes de son entourage, contrairement à Nora, personnage d'Ibsen dans Une maison de poupée. Agnès n’arrive pas et n’arrivera peut être jamais à s'émanciper et à dire, comme Nora, "toi et Papa, vous avez été bien coupables envers moi. A vous la faute si je ne suis bonne rien".
Pour finir, on peut remarquer que la proposition de la metteure en scène est assez pessimiste, car la fin laisse penser que le personnage féminin n’en a pas fini avec l’emprise de l’homme, malgré tout ce qu’elle a vécu avec Arnolphe.
Hannah J.M. et Maïa S.H.





Excellent commentaire très subtil